La céramique médiévale en Aquitaine



 

Le Projet Collectif de recherches intitulé « La céramique médiévale en Aquitaine (IVe s. - fin XVIe s.) est né en 2014 d’un constat récent qui relève à la fois des caractères généraux de l’historiographie nationale en la matière et de spécificités régionales. La céramologie a changé, un peu après le millénaire. C’est un fait général mais plus particulièrement marqué pour le Moyen Age, et singulièrement pour l’Aquitaine. Au long des années 1980, on a « découvert » le centre potier de Sadirac (33). L’objectif des recherches qui se sont alors lancées était clair : étudier l’évolution d’une production potière continue, pour elle-même et pour comprendre les niveaux médiévaux de la région bordelaise. La démarche était pluridisciplinaire et régressive. Malgré un incontestable déficit de publication, cette recherche a plus ou moins partiellement nourri une bonne part des études céramologiques qui ont suivi et sert plus ou moins directement de référence en Aquitaine pour la plupart des estimations chronologiques dans le bas Moyen Age et l’époque moderne. De manière quasiment contemporaine, la fouille de l’officine Sainte-Catherine fournissait un bel instantané sur la production potière de Bergerac (24) au XIVe siècle. Quant aux premières approches du centre potier de Beauronne (24), elles restèrent sans lendemain. Les années 1990 ont marqué une certaine ouverture : recherches sur le centre potier de Garos-et-Bouillon (64), abord d’une production à Marmande ; synthèses de contextes d’habitat à Bordeaux, dans le Lot-et-Garonne... Mais aussi une confrontation entre géologie proche et production céramique, malheureusement sans lendemain. Au tournant du millénaire, l’exposition 2000 ans de pots en Aquitaine[1] a esquissé une synthèse générale, chronologiquement ouverte mais limitée aux contextes de production. Les bonnes volontés comme les vocations nouvelles se sont ensuite découragées devant l’inconfort de doctorats restés sans débouchés professionnel directs.

Le renouveau est récent. Il passe en bonne partie par l’archéologie préventive : il faut produire les inventaires réglementaires et fournir un aperçu cohérent des tessons récoltés par milliers. C’est une situation jamais vue : la céramologie est devenue la motivation de recrutements chez plusieurs opérateurs conscients de l’enjeu. Parallèlement, le monde associatif s’est repris au jeu et devient très actif dans les Landes, avec une problématique bien territorialisée. La céramologie a donc changé. Et si les céramologues changeaient eux aussi ? Et s’ils réussissaient à travailler ensemble ? Dans l’équipe qui s’est réunie, toutes les générations, toutes les tendances sont présentes. L’Aquitaine a pris beaucoup de retard sur les régions voisines où de nombreuses synthèses collectives ont déjà été lancées (PCR Loire moyenne, Loire et Bretagne, Réseau Icéramm etc..). Il est largement temps qu’elle s’engage sur cette voie. C’est tout l’enjeu de ce programme collectif de recherche.

L’idée en a mûri depuis la tenue d’une première table ronde organisée à l’Université de Bordeaux 3 le 9 avril 2013, qui réunissait pour la première fois les acteurs aquitains – ou venus en voisins – de la céramologie médiévale nouant pour la première fois un dialogue interinstitutionnel et pluridisciplinaire entre archéologues, archéomètres, céramologues ou/et responsables d’opérations préventives ou programmées, professionnels ou amateurs, issus de structures publiques, privées ou associatives (SRAA, UBM, UPPA, INRAP, SAPCub, Hadès, Eveha, Musée André Voulgre, Centre Archéologique des Landes…). Il manque pour l’instant une dimension « étudiante » à ce dialogue, lacune qui, espérons-le, sera vite comblée grâce à la dynamique qu’insufflera inévitablement le projet. En Aquitaine, depuis les thèses de Sylvie Maleret pour le Bordelais ou d’Anne Berdoy pour les Pyrénées-Atlantiques, aucun nouveau doctorat n’a encore abouti, même si les mémoires de maîtrises ou de DEA de Catherine Ballarin et Armelle Guériteau ont scellé des vocations. Espérons que le mémoire de master 2 en cours de Valérie Marache sur la céramique du castrum du Castéra de Langoiran marquera un renouveau des travaux universitaires à Bordeaux (UMR Ausonius et IRAMAT-CRPAA) déjà amorcé sur le plan des recherches archéométriques mais également à Pau.

 

[1] 2000 ans de pots (2000) : 2000 ans de pots en Aquitaine, Catalogue d’exposition, Musée de la Poterie des Hospices de la Madeleine, Saint-Emilion, juin-décembre 2000.


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